Forum sur l'exode dans la commune rurale du Tondikandia

Forum sur l’exode dans la commune rurale du Tondikandia

La commune rurale de Tondikadia

Située au sud du département de Filingué, la Commune Rurale de Tondikandia a une superficie de 227 984,99 ha. Elle comprend 134 villages administratifs et a pour chef lieu : Damana.
Sa population est estimée à 120 825 habitants selon le recensement général de la population de 2003 actualisé. Elle est composée essentiellement de zarma et d’autres ethnies notamment les touareg, les peulh et une faible présence de haoussa.
La densité de la population est estimée à 42,29 hab/km2 avec deux grandes zones de concentration : Damana et FandouMayaki.
La population de la Commune Rurale de Tondikandia est constituée essentiellement de cultivateurs qui pratiquent aussi un élevage domestique de petits ruminants. Après la période hivernale une partie non négligeable de cette population (enfants, jeunes et femmes) se rend dans les centres urbains voire l’extérieur dans l’espoir de trouver du travail. Le taux de l’exode varie de 25 à 45% dans la Commune.

Apparition du phénomène

Les différentes sécheresses qui ont émaillé les trente dernières années avec leurs corollaires de crises alimentaires ont servi de lit à un exode saisonnier particulier, celui des femmes et des jeunes filles de la Commune vers la Capitale Niamey. Cet exode qui, au début était une réponse aux déficits alimentaires occasionnels est devenu aujourd’hui un phénomène régulier, permanent et généralisé (25 à 45% de taux d’exode).
Aucun village ou hameau n’est épargné. Dès, le mois de septembre ce sont des dizaines de centaines de femmes et de jeunes filles qui convergent vers la Capitale ; chaque lundi par lot de six (06) à dix (10) véhicules dix –sept places à partir de l’axe Fandou Mayayki et pareillement pour l’axe Damana. Ces femmes quittent avec leurs enfants (filles et garçons) et leur obstruent à jamais l’occasion de bénéficier d’une scolarisation pourtant nécessaire.
Elles leur ouvrent ainsi un destin incertain où le meilleur cas est la reproduction de cet exode créant ainsi un cycle infernal. Ce phénomène étant passé pour une mode à imiter, nombreuses sont les filles scolarisées qui abandonnent l’école pour s’aventurer dans ce chemin attirées par les subsides directs qu’elles peuvent acquérir tout de suite (quelques dizaines de mille et de l’habillement) ; gain à tout point de vue dérisoire et éphémère.
Malheureusement, le phénomène n’a pas été vite appréhendé par les autorités coutumières, communales, les leaders d’opinions et la population quant à ces conséquences.
Cet exode n’est pas sans conséquence sur la vie de la Commune. Plusieurs secteurs subissent de plein fouet les effets pervers de celui-ci.

Les raisons de l’exode

  • Les différentes sécheresses (famine, disette, période de soudure) ;
  • La pauvreté généralisée ;
  • Le manque de travail pendant la période d’octobre à mai ;
  • Le manque de cadre de concertation, de sensibilisation  et de formation;
  • La quête du bien-être ;
  • L’effet de contagion